Diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art de Bretagne en 2009, elle vit à Brest et son atelier se situe au sein d’une « Maison Pour Toutes » dans laquelle elle accueille des femmes de tous les âges, de toutes les classes sociales, de toutes les nationalités, trop souvent victimes de violences. En 2019, Marion Plumet présente «Nos femmes »  à Cineffable, Festival International du film lesbien & féministe à l’Espace Reuilly à Paris. Elle prépare une exposition au Centre Culturel de Comines en Belgique, «Je t’aime je t’a(b)îme. 

Marion Plumet dessine faute de trouver les mots, ces réalisations apparaissant presque à son insu. Les mots semblent se hisser au travers des matières dont elle se saisit. Ce sont des bribes, des histoires rapportées par des femmes, très souvent victimes de violences, qui prennent corps dans ses productions. En effet, cela fait quelques années que Marion Plumet a installé son atelier au sein d’une maison de femmes LCause où elle reçoit ces femmes aux histoires censurées. Issues de l’intime, anonymes, elles tissent un récit universel allant vers celui du collectif.

Afin de dénoncer les violences faites aux femmes, Marion Plumet réalise différentes actions symboliques et esthétiques visant à ouvrir les yeux de chacun sur une réalité souvent ignorée. A Brest, elle réalise une fois par mois un grand collage dans l’espace public. 365 feuilles de papier A3 sont ainsi visibles sous la forme d’un calendrier géant. Chacune représentant un dessin de mains de femmes faisant un geste féministe, s’intercalant au hasard avec d’autres dessins pratiquement identiques dont les mains sont alors des squelettes. Par cette action, Marion Plumet vise à rappeler qu’en France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son mari ou ex-petit ami.

En réaction à la pandémie du Covid-19 qui a touché de nombreux pays du monde, Marion Plumet tient à attirer notre attention sur les conséquences invisibles de cette situation : l’augmentation considérable des violences faites aux femmes et aux enfants lors de cette période de confinement. « La douleur du foyer » se présente ainsi sous la forme d’une petite édition tirée à un exemplaire unique qui rassemble les extraits de sa série. Marion Plumet caviarde d’anciennes revues de décoration d’intérieur et livres de cuisine, et en recompose le récit. C’est avec force que son œuvre fait écho au travail d’écriture sous contrainte de Georges Pérec, auquel nous empruntons le titre de notre premier thème.

Un texte du Collectif Embrayage

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