Margaux Lelièvre x Maison Landemaine

 

Diplômée des Beaux Arts de Paris en 2019, Margaux Lelièvre crée des sculptures minimalistes à partir d'objets qu'elle trouve autour d'elle : noix, pelures de clémentines, mouchoir en papier, graines, briques... Des objets à priori banals qu'elle façonne et donne à voir autrement. Elle collecte, récupère, répare, réemploie : “L’écologie n’est pas l’enjeu principal de mon travail, mais c’est un élément inhérent à ma pratique”. Elle choisit des éléments apparemment anodins qu’elle manipule puis dispose avec soin. Pendant le confinement, elle crée une exposition, une poésie du familier, où elle détourne les objets de son quotidien : un verre devient une cloche pour noix, des bols s’empilent pour devenir un totem… Elle commente les images avec des propos parfois en décalage avec ce qui est montré. En jouant ainsi avec le langage, l’artiste trouble le spectateur et questionne le statut de l’objet. Dans sa série des noix, elle joue sur les apparences en mélangeant d’authentiques noix avec des noix reconstituées, poncées, percées ou artificielles. Les interventions minimes (broderie, collage, réparation, couture) qu’elle opère sur les objets choisis sondent le réel et amènent le spectateur à porter une attention nouvelle aux choses.

 

Petites annonces

Margaux Lelièvre s’immisce dans les habitudes de la boulangerie Maison Landemaine de Monge à l’occasion de cette seconde édition du parcours Aparté. Fidèle à son habitude de porter attention aux objets qui nous entourent quotidiennement, elle se plaît à penser différentes installations dans le lieu si familier que représente la boulangerie. Son travail tente souvent de rejouer des scènes que l’on connaît, et c’est ce qu’elle met en place ici en recouvrant les tables d’un sticker imitation marbre rappelant les murs intérieurs de la boulangerie. Elle complète cette pièce en découpant dans le sticker des taches de tasses de café, la couleur étant trouvée dans le bois des tables brutes. Cette répétition de maladresses ordinaires donne forme à une sorte de peinture horizontale, amenant les murs dans une autre dimension. Plusieurs types d’objets s’ajoutent à cette installation pour décaler notre regard et apporter un élément de surprise dans ce lieu rassurant : des tasses modelées en pain de mie, des tranches de pain de mie pyrogravées témoignant d’une partie de morpion, ou d’autres tirées de la série Initiales grillées qui unissent le nom de l’artiste à celui de la boutique. Margaux Lelièvre nous enveloppe encore davantage dans une relecture de la vie quotidienne en plaçant aux murs des petites annonces aux allures singulières. En prenant pour matériaux de création des éléments glanés çà et là, comme un gobelet en papier, du pain, ou des chutes de son atelier, elle recycle un environnement oublié et éparpillé pour le ramener devant nos yeux, et s’amuse à en transformer les significations.

Communiqué de presse Aparté 2

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