Arthur Guespin x L’Arbre bleu

 

Né en 1996, Arthur Guespin vit et travaille entre Paris et Mouterre-Silly (Vienne). Après son diplôme à l’ENSAD de Paris, il intègre les Beaux-Arts de Paris dans les ateliers de Tatiana Trouvé et d’Ann Veronica Janssens. Le travail plastique d’Arthur Guespin s’active grâce aux différents phénomènes qu’il exploite : les flux élémentaires, l’eau, le feu, la lumière, l’électricité, les molécules odorantes ou plus récemment les plantes. Il questionne les rapports que nous entretenons avec les formes fugaces, transitoires, vivantes. Son atelier se présente comme un laboratoire artistique et scientifique. Il cherche à rendre visible ce qui est invisible ou éphémère comme l’éclair, présenté dans un écrin pour l'œuvre Contact. A d’autres occasions, il joue avec les objets qui l’entourent, par exemple en plaçant des ampoules dans un micro-ondes pour les observer réagir, clignoter ou s’illuminer. Le travail d’Arthur Guespin est aussi rythmé par les cycles des saisons, une habitude héritée de sa famille d’agriculteurs et de la vie à la ferme. Il travaille aussi bien avec des chercheurs qu’avec des artisans. Ses dernières œuvres, où l’on voit des champs, des fermes et des plantations, montrent le paysage naturel façonné par l’homme et nous font prendre conscience de notre impact sur le monde que nous habitons.

 

(pour l’instant)

C’est l’univers de la fleuristerie qu’Arthur Guespin découvre dans le cadre de cette édition d’Aparté. Chez l’Arbre Bleu, il s’inspire des formes végétales et de notre rapport aux fleurs pour penser une installation mêlant des gestes professionnels à une esthétique du soin. Son œuvre est constituée d’un ensemble de vases de hauteurs différentes, dans lesquels flottent des fleurs simplement lestées par des poids de pêche. Il lui a donc fallu apprivoiser les techniques de stabilisation des végétaux venant de l’industrie chimique pour conserver des fleurs entières, détournant ainsi l’objectif de capitalisation des formes vivantes vers une discussion sensible sur la temporalité. Ce jeu entre pièces florales et volonté d’éternité évoque notamment le rôle important des fleurs dans les rites mortuaires de nombreuses cultures, dans lesquelles couronnes, bouquets ou colliers assurent un passage paisible vers l’au-delà. Comme on embaume les corps des êtres chers pour les préserver du temps qui passe, Arthur Guespin s’attache ici à extraire les fleurs du cycle de dégradation qui suit l’épanouissement des bourgeons. Bien que suspendues dans l’espace et dans le temps, ces fleurs ont aussi vocation à célébrer les liens entre différentes formes de vie : un bain d’alcool a enlevé les pigments de leurs pétales et, une fois plongées dans la glycérine, les ondulations leur donnent des airs de méduses. L’histoire de ces fleurs initialement figées par une main humaine repousse le cadre technique et professionnel pour offrir un conte poétique sur la métamorphose.

Communiqué de presse Aparté 2

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